lundi 11 janvier 2010

Comment identifier les anomalies myocardiques précoces au cours du diabète de type 1 ?

11/01/10(JIM)Dr Philippe Tellier
Le diabète de type 1 expose à un risque de cardiopathie propre à la maladie ou aggravée par les autres facteurs de risque. L'évolution est éminemment variable d'un sujet à l'autre, mais une chose est à peu près certaine, c'est la rapidité avec laquelle vont apparaître les premières lésions myocardiques.
Comment prédire la progression du dysfonctionnement diastolique et systolique précoce vers l'insuffisance cardiaque chronique symptomatique ? L'imagerie par Doppler tissulaire (IDT) est-elle, sur ce point, supérieure à l'échocardiographie bidimensionnelle conventionnelle, notamment dans la détection des lésions myocardiques précoces ?
A cette question répond une étude de type cas- témoins dans laquelle ont été inclus 40 jeunes patients asymptomatiques (12-18 ans) atteints d'un diabète de type 1 (DT1) et 20 témoins. Les résultats des deux techniques d'imagerie ont été confrontés aux données suivantes :
1) taux sériques de NT-pro-BNP ( N-terminal pro-brain natriuretic peptide) ; 2) contrôle du métabolisme glucidique ; 3) durée du diabète.
Ont en outre été recherchés les éléments suivants :
1) signes en faveur d'une neuropathie autonome cardiaque ; 2) anomalies biologiques : glycémie moyenne, taux plasmatiques d'HbA1c et micro-albuminurie.
Dans les deux groupes, les dimensions du ventricule gauche (VG) et la masse ventriculaire gauche indexée se sont avérées normales, à l'exception de l'épaisseur de la paroi postérieure plus élevée en cas de diabète (p<0,05 versus témoins). Un dysfonctionnement diastolique du VG et du VD a été détecté chez 25 soit 2 % des diabétiques (p<0,05 vs témoins), L'IDT s'est avérée plus sensible que l'échocardiographie dans la détection d'un dysfonctionnement ventriculaire gauche et/ou droit précoce chez 52,5 % des diabétiques, notamment pour ce qui est de l'allongement de la durée de la relaxation myocardique (p<0,05 vs témoins).
Cette variable a par ailleurs été corrélée au contrôle métabolique reflété par les taux plasmatiques d'HbA1c. Les taux plasmatiques du NT-pro-BNP, pour leur part, se sont avérés plus élevés chez les jeunes diabétiques (p<0,01) et, en outre corrélés au dysfonctionnement diastolique même isolé. Dans ce cas de figure, au seuil de positivité de 62,5 fmol/ml, sa sensibilité et sa spécificité ont été estimées respectivement à 82 % et 95 %.
En bref, au cours du diabète de type 1 de l'enfant ou de l'adolescent, il n'est pas exceptionnel de mettre en évidence des dysfonctionnements légers voire subtils qui affectent la relaxation diastolique, tout en étant corrélés au contrôle de la glycémie. L'IDT couplée au dosage du NT-pro-BNP plasmatique semble être la stratégie la plus performante pour détecter un dysfonctionnement diastolique des deux ventricules.
Salem M et coll. : Early predictors of myocardial disease in children and adolescents with type 1 diabetes mellitus. Pediatric Diabetes 2009; 10: 513-21.
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mardi 5 janvier 2010

Décès d’une jeune fille dans les Landes suite à une méningite

Une jeune fille de 17 ans, qui avait déclaré une méningite à méningocoques après le réveillon de la Saint-Sylvestre dans une discothèque des Landes, a succombé dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé la direction de l'hôpital de Dax. La jeune fille est morte à 02 heures du matin mardi au service de réanimation où elle avait été admise depuis son hospitalisation le 1er janvier. Originaire de Castets (Landes), elle avait ressenti les premiers symptômes d'une méningite foudroyante de type B dans la nuit du Nouvel An, alors qu'elle réveillonnait dans la discothèque L'Oyat à Contis. Une centaine de personnes ayant été en contact avec la malade ont reçu un traitement préventif par antibiotiques.

vendredi 13 novembre 2009

Actualité médicale Cardiologie

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12/11/09(JIM)Dr Céline Dupin
ASTRAL marquera le recul des indications de l'angioplastie rénale
Le traitement des sténoses athéromateuses des artères rénales (SAAR) repose de longue date sur la revascularisation rénale essentiellement par angioplastie de la (ou des) sténose(s) artérielles avec ou sans pose de stent. Ainsi on estime qu'aux Etats-Unis en 2005, 35 000 procédures de ce type ont été pratiquées. Mais malgré la large diffusion de cette technique, seules des études observationnelles ont jusqu'ici conclu à son efficacité en terme d'amélioration de la fonction rénale ou de contrôle de l'hypertension artérielle (HTA). Les essais randomisés comparant revascularisation et traitement médical quant à eux n'ont pas jusqu'ici démontré un avantage cliniquement significatif en faveur de l'angioplastie (mais il faut souligner qu'ils n'avaient pas la puissance statistique requise pour le faire).
Pour déterminer si la revascularisation per cutanée a ou non une supériorité sur le traitement médical dans les SAAR plusieurs études randomisées de grande ampleur ont donc été entreprises dans le monde. L'essai ASTRAL, conduit au Royaume Uni, en Australie et en Nouvelle Zélande sous l'égide du Medical Research Council, est le premier dont les résultats sont publiés.
806 patients suivis dans 57 centres
ASTRAL (pour Angioplasty and Stenting for Renal Artery Lesions) a inclus, de 2000 à 2007, 806 patients ayant une SAAR prouvée par une technique d'imagerie. N'étaient admis dans l'essai que les malades pour lesquels leur médecin estimait qu'il n'y avait pas d'argument formel pour préférer l'un ou l'autre traitement, ce qui excluait les patients ayant une indication jugée urgente ou indiscutable à la revascularisation ou ceux qui ne paraissaient pas accessibles à une angioplastie. Les patients qui ont été retenus étaient âgés de 70 à 71 ans et avaient une SAAR supérieure à 70 % dans 59 % des cas avec une altération de la fonction rénale (créatinine supérieure à 150 micromol/L) dans 60 % des observations. Ces malades ont été randomisés en ouvert entre un traitement médical (associant généralement statines, anti-agrégants plaquettaires et antihypertenseurs) et la même prise en charge associée à une angioplastie avec ou sans pose de stent.
Le critère principal de jugement était l'évolution de la fonction rénale. Les critères secondaires, la pression artérielle (PA), les événements rénaux ou cardiovasculaires majeurs et la mortalité.
Aucun effet favorable significatif de la revascularisation
Après un suivi médian de 34 mois, aucun avantage significatif sur aucun de ces critères n'a été constaté.
En terme de fonction rénale (évaluée par l'évolution de l'inverse de la créatinine) une différence modeste en faveur de l'angioplastie n'a pas atteint le seuil de significativité statistique (p=0,06). L'évolution de la PA systolique était également comparable (avec une baisse dans les deux groupes) tandis que la PA diastolique était mieux contrôlée dans le groupe traitement médical (différence : 0,61 mm Hg par an ; p=0,03). Quant à la fréquence des événements défavorables rénaux ou cardiovasculaires et des décès, elle a été équivalente dans les deux groupes.
Une analyse par sous groupes (en fonction de la gravité de l'atteinte de la fonction rénale ou de celle des sténoses) n'a pas permis de définir un profil de malade pour lequel l'angioplastie apportait un bénéfice significatif. Ainsi, par exemple, pour les sténoses serrées bilatérales (ou unilatérales avec un seul rein fonctionnel) qui sont habituellement considérées comme de bonnes indications de l'angioplastie, l'évolution a été comparable dans les deux groupes.
De façon relativement surprenante, l'angioplastie n'a donc pas été efficace.
Des complications fréquentes
De plus, 9 % des patients (n=31) ont présenté une complication précoce de la revascularisation (moins de 24 heures), jugée grave pour 19 d'entre elles (un OAP, un infarctus du myocarde, 5 embolisations rénales, 4 occlusions artérielles rénales, 4 perforations artérielles, un anévrysme fémoral et 3 cas d'embolies de cholestérol aboutissant à des amputations au niveau des membres inférieurs). A moyen terme, l'angioplastie n'était pas non plus exempte de complications avec 12 événements considérés comme graves survenus entre un jour et un mois après la procédure (2 décès, 4 hématomes de l'aine, 5 cas d'insuffisance rénale aiguë et une occlusion de l'artère rénale).
Vers une réévaluation des indications
Il faut rappeler que ce travail n'a pas inclus de patients pour qui les praticiens jugeaient la revascularisation indispensable (notamment en raison d'une HTA non contrôlée, d'un OAP flash ou d'une détérioration rapide de la fonction rénale) et qu'il ne permet donc pas de conclure pour ce type de patients.
En dehors de ces cas, il est probable que les indications de la revascularisation rénale vont très sensiblement diminuer dans les semaines qui viennent. Il est également possible qu'ASTRAL conduise à réévaluer les circonstances dans lesquelles le dépistage d'une sténose artérielle rénale est indiqué.
Au-delà de la question de la prise en charge SAAR, ASTRAL pose une nouvelle fois le problème de l'évaluation des méthodes thérapeutiques non médicamenteuses. Qu'elles soient chirurgicales ou interventionnelles, la diffusion des techniques nouvelles n'est pas encore contrôlée de façon aussi rigoureuse que celle des médicaments, ce qui peut conduire, on le voit, à des sur-prescriptions qui peuvent avoir des conséquences négatives médicalement et économiquement.
The ASTRAL Investigators. Revascularisation versus medical therapy for renal-artery stenosis. N Engl J Med 2009; 361: 1953-62.

vendredi 30 octobre 2009

Quand les labos financent les experts de la grippe A
La révélation du financement d’un groupe d’experts sur la grippe A par des laboratoires pharmaceutiques pose la question de leur influence dans les décisions de santé publique.
Quatre-vingt-quatorze millions de doses de vaccins commandées par les autorités sanitaires pour 871 millions d’euros. Sans compter les dépenses annexes qui portent l’ardoise à plus d’un milliard d’euros. La n’a pas regardé à la dépense face à la .
Sur la toile :
Tout notre dossier grippe A Une manne pour les laboratoires pharmaceutiques autorisés à fabriquer le vaccin, proposé aux Français à partir du 12 novembre. Hier, certains d’entre eux ont publié leurs comptes, dopés par les commandes à travers le monde. Ces firmes ont-elles pu user de leur influence auprès du ministère de la Santé pour l’inciter à acheter des vaccins en surnombre ? Certaines, en tout cas, contribuent au d’experts appelés à conseiller les autorités sanitaires sur la politique vaccinale. Le cas du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe (Geig) illustre les liaisons parfois dangereuses entre les firmes pharmaceutiques et les pouvoirs publics. Ainsi, le président du comité scientifique du Geig, le professeur Bruno Lina, apparaît comme l’un des experts officiels du ministère de la Santé alors que son groupe est financé à 100 % par les laboratoires producteurs du vaccin contre la grippe. « Les pouvoirs publics sont infiltrés par des représentants des firmes pharmaceutiques, il faudrait qu’ils balayent devant leur porte ! » s’insurge le docteur Marc Girard, professeur de médecine auteur d’« Alertes grippales », un livre qui détaille le problème de ces conflits d’intérêts. Une dérive déjà constatée lors de la campagne de vaccination contre le virus de l’hépatite B en 1994, sous la pression de laboratoires et de l’Organisation mondiale de la santé.Les pouvoirs publics, eux, se défendent de tels procédés. Le contrat pour le vaccin grippe A s’est déroulé en juillet « selon une stricte procédure d’appel d’offres », rappelle la Direction générale de la santé. Si la procédure était classée « secret-défense », c’était uniquement « pour des raisons de sécurité évidentes, en raison des impératifs de santé publique ».
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Le Parisien

samedi 24 octobre 2009

Statut de PH : le ciel s'assombrit!



Dans le cadre de la préparation des décrets d'application de la loi HPST , le ministère est en train de revoir le statut des personnels médicaux hospitaliers. En moins de 3 semaines le but de la DHOS est de faire avaler aux intersyndicales des propositions inacceptables au cours de séances de pseudo concertation (les textes étant fournis la veille pour le lendemain !)


Quelques exemples des modifications proposées par la DHOS
  • Désormais, les praticiens pourront être déplacés sans qu'on leur demande leur avis puisque la portion de phrase "sous réserve de leur accord" est supprimée" dans le nouvel article
  • la durée d'indemnisation à taux plein des arrêts de maladie est réduite de trois à deux mois
  • la durée d'indemnisation à taux plein des congés de longue durée est réduite de trois à deux ans
  • les PH en congés pour leur CET ne perçoivent plus leurs indemnités au-delà de 1 mois.
  • Suppression de l'avis de la commission nationale statutaire sur les nominations de PH même lorsque les avis de la CME et du CE sont divergents
  • Affection prononcée par le directeur
  • la mise en position de recherche d'affectation ( équivalent d’un licenciement !!!) est demandé par le directeur sur proposition du chef de pôle et avis du président de CME. Cet avis n'a plus besoin d'être motivé et surtout, l'avis de la CSN n'est plus requis

mercredi 14 octobre 2009

PH "recrutés sur objectifs"

Le Quotidien du Médecin - 13 octobre 2009Dans un entretien accordé au Quotidien du Médecin, Benoît Leclerq, directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), précise la manière dont il compte utiliser les nouveaux dispositifs inclus dans la loi Bachelot en matière de recrutement à l'hôpital. Concernant les praticiens hospitaliers (PH), Benoît Leclercq explique que sur le plan individuel, chaque nouveau PH sera recruté "sur la base d'objectifs". Ajoutant : "si le praticien ne remplit pas sa mission de manière adaptée, il existera pour le directoire les moyens de faire respecter les objectifs". Le directeur général de l'AP-HP confie par ailleurs au quotidien, ne pas envisager le recours à des contractuels (autre mesure de la loi Bachelot). "Les praticiens hospitaliers sont des agents publics avec un statut qui est une garantie pour eux. Nous réservons l'utilisation exceptionnelle du contrat pour d'éventuels cas d'hyperspécialisation", commente-t-il.

mercredi 23 septembre 2009

Le Tamiflu déconseillé pour l'enfant: rapport bénéfice/risque défavorable.

Published 10 August 2009, doi:10.1136/bmj.b3172Cite this as: BMJ 2009;339:b3172
Research
Neuraminidase inhibitors for treatment and prophylaxis of influenza in children: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials
Matthew Shun-Shin, academic foundation year 2 doctor1, Matthew Thompson, senior clinical scientist2, Carl Heneghan, clinical lecturer2, Rafael Perera, university lecturer in medical statistics2, Anthony Harnden, university lecturer in general practice2, David Mant, professor of general practice2
1 Kadoorie Centre, John Radcliffe Hospital, Headington, Oxford OX3 9DU, 2 Oxford University Department of Primary Health Care, Rosemary Rue Building, Headington, Oxford OX3 7LF
Correspondence to: M Thompson matthew.thompson@dphpc.ox.ac.uk
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Objective To assess the effects of the neuraminidase inhibitors oseltamivir and zanamivir in treatment of children with seasonal influenza and prevention of transmission to children in households.
Design Systematic review and meta-analysis of data from published and unpublished randomised controlled trials.
Data sources Medline and Embase to June 2009, trial registries, and manufacturers and authors of relevant studies.
Review methods Eligible studies were randomised controlled trials of neuraminidase inhibitors in children aged 12 in the community (that is, not admitted to hospital) with confirmed or clinically suspected influenza. Primary outcome measures were time to resolution of illness and incidence of influenza in children living in households with index cases of influenza.
Results We identified four randomised trials of treatment of influenza (two with oseltamivir, two with zanamivir) involving 1766 children (1243 with confirmed influenza, of whom 55-69% had influenza A), and three randomised trials for postexposure prophylaxis (one with oseltamivir, two with zanamivir) involving 863 children; none of these trials tested efficacy with the current pandemic strain. Treatment trials showed reductions in median time to resolution of symptoms or return to normal activities, or both, of 0.5-1.5 days, which were significant in only two trials. A 10 day course of postexposure prophylaxis with zanamivir or oseltamivir resulted in an 8% (95% confidence interval 5% to 12%) decrease in the incidence of symptomatic influenza. Based on only one trial, oseltamivir did not reduce asthma exacerbations or improve peak flow in children with asthma. Treatment was not associated with reduction in overall use of antibiotics (risk difference –0.30, –0.13 to 0.01). Zanamivir was well tolerated, but oseltamivir was associated with an increased risk of vomiting (0.05, 0.02 to 0.09, number needed to harm=20).
Conclusions Neuraminidase inhibitors provide a small benefit by shortening the duration of illness in children with seasonal influenza and reducing household transmission. They have little effect on asthma exacerbations or the use of antibiotics. Their effects on the incidence of serious complications, and on the current A/H1N1 influenza strain remain to be determined.
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